A la découverte des ruelles de Fés au Maroc

On arrive à Fès après neuf heures épuisantes de train. Le voyage dans son ensemble était intéressant, comme d’habitude on fait des rencontres intéressantes pendant le déplacement dans les transports publics, des petites tranches de vie marocaine qui resteront gravées dans l’esprit à jamais.

La ville du Maroc

Fès, troisième ville du Maroc par le nombre d’habitants, est connue pour être la plus fascinante des villes impériales. Parcourir les ruelles étroites de sa médina est une expérience unique et fascinante. Une ville riche en histoire et en culture où vous pourrez apprécier les anciennes traditions marocaines.

Fondée en 789 par Idris Ibn Idris, l’un des descendants du prophète Mahomet, plus tard connu sous le nom d’Idris Ier, la ville est devenue la capitale de son royaume. Malheureusement, il meurt quelques années après la fondation de la colonie et son successeur, Idris II, achève une deuxième colonie, adjacente à la précédente, sur la rive gauche de l’oued Fès, dont la ville tire son nom, lui donnant ainsi le nom d’Al-Aliya (le Suprême).

En 812, un groupe d’Andalous chassés par le califat de Cordoue s’installe sur la rive gauche du Fès. Les deux colonies se sont développées indépendamment, construisant leurs propres mosquées, marchés et fortifications. Avec l’arrivée des Almoravides dans la ville, les deux colonies ont été réunies, les fortifications ont été démolies et un mur a été construit qui entourait toute la ville et dont les traces sont encore visibles. Tout en gardant sa capitale à Marrakech, le Fès a joué un rôle important pendant le règne des Almoravides. La dynastie almohade a également choisi Marrakech comme capitale mais a fait de Fès la plus grande ville du monde. Entre 1170 et 1180, la ville comptait environ 200 000 habitants.

Sous le règne des Mérindi, en 1250, Fès redevient la capitale. En 1276, le sultan Abu Yussef a lancé la construction d’une nouvelle colonie, initialement appelée Madinat al-Bayda (la ville blanche), mais il a rapidement été décidé de changer le nom de la colonie en Fas al-Jadid (Fès la nouvelle).

Au cours du XVe siècle, dans la vieille ville, a été construit le Mellah, le ghetto juif. Les premiers Juifs séfarades, venus d’Espagne, ont atteint le Maroc en 1492. D’autres sont arrivés du Portugal. La coexistence entre musulmans et juifs n’était pas particulièrement difficile, même si les juifs n’avaient pas le droit de monter à cheval ou à mule et de porter des chaussures à l’intérieur du Mellah. Avec l’avènement du Protectorat, les Juifs obtiennent le droit de construire des synagogues et d’enterrer leurs morts dans un cimetière qui leur est dédié. Aujourd’hui, environ 300 Juifs vivent dans la ville, la plupart d’entre eux ayant choisi de s’installer à Casablanca, en France ou en Israël. La ville a perdu de son importance avec l’arrivée des Français, qui ont transféré les activités politiques et administratives à Rabat, toujours la capitale du Royaume. Fès, aujourd’hui au Maroc, est une ville connue pour son art et son artisanat, tout en conservant sa capitale religieuse.

Se balader dans la médina, terme par lequel nous, Européens, désignons les parties les plus anciennes des villes arabes, est une expérience unique. Se promener dans ces ruelles étroites, devoir attendre pour passer parce qu’un âne surchargé de marchandises de toutes sortes occupe toute la rue, est une expérience qui vous fait remonter le temps. On a l’impression de se promener dans les ruelles d’une ancienne cité médiévale, où tout se déroule lentement, sans la frénésie du monde moderne. On a l’impression, pendant un instant, de pouvoir fermer une porte et d’entrer dans un autre monde.

Les ruelles tortueuses de la médina

Parmi les ruelles tortueuses de la médina, vous trouverez des mosquées, des marchés et des magasins vendant toutes sortes de marchandises : des épices très utilisées aux artisans qui vendent des articles en cuir, en passant par les boulangeries, les magasins de produits quotidiens et même des dentiers (ce n’est pas la première fois qu’on trouve des dentiers et des dents dans un marché mais cela fait toujours un certain effet !)

Ne manquez pas de visiter la Medersa Bou Inania, une école coranique, fondée entre 1350 et 1357 par le sultan Abu Inan. La structure suit les canons architecturaux typiques de ces bâtiments : tous les bâtiments donnent sur une cour intérieure, au rez-de-chaussée se trouvent les salles de classe et la salle de prière, dont l’entrée est interdite aux non-musulmans. À l’étage supérieur se trouvent les logements des étudiants.

Dans la ville, il y a une autre medersa, la madrasa des parfumeurs. La medersa Attarin, construite entre 1323 et 1325, est l’un des chefs-d’œuvre de l’art mérinide. En vous promenant dans les ruelles de la médina, vous verrez plusieurs minarets se découpant sur le ciel : la mosquée la plus célèbre est la mosquée Quayrawan. Fondé en 857 par Fatima, fille de Muhammas al-Fihri, il a été agrandi entre 1355-74. La célèbre université est rattachée à la mosquée, qui abrite à l’intérieur une riche collection d’anciens textes coraniques. Elle est la deuxième en termes de prestige, après les fleurs du Caire, fondée au Xe siècle. La mosquée des Andalous, a été fondée au XIXe siècle, a été modernisée au fil des siècles, et son minaret en émail est une copie de celui qui orne la mosquée de Quayrawan.

Célèbre est le souk des teinturiers de Fès, malheureusement en cours de restauration lorsqu’on l’a visité.

Installé dans l’ancien palais royal Dar el-Bata, le musée des arts et traditions de Fès illustre l’histoire des arts mineurs de Fès : de la poterie à la sculpture sur bois.

Ne manquez pas de visiter le musée Najjarine, installé dans un ancien caravansérail, consacré à l’art de la sculpture sur bois.